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Intégrer une boite de renom : c’est pas gagné

Google, L'Oréal, IBM, LVMH... Des noms qui feraient tellement bien sur mon CV. Mais les entreprises de renom ont un fort pouvoir d'attraction sur les candidats, et notamment sur les plus jeunes qui comptent sur un « effet tremplin ». Résultat, la concurrence est rude.

 

Prêts à se damner pour y mettre un pied

« Beaucoup postulent à tout et n'importe quoi, parce que leur seul objectif est de rentrer dans la boite, raconte Judith, ancienne responsable RH pour un grand groupe télévisuel français. Ça n'est pas forcément rébarbatif pour le recruteur, mais la question sera soulevée en entretien pour tester le candidat. »

 

Certains sont même prêts à accepter des jobs largement en-deçà de leurs compétences, en se disant qu'ils évolueront par la suite. Là encore, la méthode n'est pas forcement la bonne : il n'y a qu'à demander à tous les Bac +5 qui moisissent à l'accueil de leur entreprise de rêve depuis X années...

 

Ô diplôme vénéré !

Sans compter que le règne du diplôme est encore malheureusement très prégnant dans les grandes entreprises : « bien souvent, si on n'a pas fait telle école de commerce ou telle école d'ingénieur, ce n'est même pas la peine de postuler, déplore Nicolas Massy, directeur associé du cabinet Attitudes. Ou alors on se heurte au plafond de verre plus tard, quand on veut évoluer ».

 

Un mal bien français que certaines combattent. Auchan par exemple, mène actuellement une campagne de recrutement totalement anonyme en Île-de-France : exit le CV et la lettre de motivation, la présélection se fait via un questionnaire. « Un véritable mouvement de fond vers davantage de diversification des recrutements s'opère ces dernières années, poursuit Nicolas Massy. Heureusement, car les qualités d'une personne ne viennent pas que de son diplôme. »

 

Mais êtes-vous fait pour la World Company ?

Passer les nombreux filtres du recrutement n'est pas tout, il faut se sentir bien une fois en poste, et ne pas être déçu par son fantasme. « Il y a une très forte culture d'entreprise dans les grands groupes : on peut se sentir comme absorbé par une machine qui se sert de vous », prévient Wilhelm Laligant.

 

« La vraie question, c'est : suis-je fait pour y travailler ? Les avantages sont supérieurs car les grands groupes ont plus de moyens, mais les circuits hiérarchiques sont plus longs, l'autonomie moins grande, le reporting plus intense... bref, il faut entrer dans le moule », renchérit Pierre-Olivier Landry, directeur des ressources humaines EMEA pour le groupe Regus.

 

Choisir le poste avant l'entreprise

« Je pense qu'il faut choisir un poste plutôt qu'une entreprise car c'est important pour la suite, estime Judith. Aucun recruteur ne se contentera de la renommée d'une société pour laquelle vous avez bossé : ce qui compte, c'est l'expérience et les compétences. Quel intérêt si vous avez fait des photocopies dans une grosse boite ? Les jeunes diplômés n'y pensent pas toujours. »

 

Enfin, gardez bien à l'esprit qu'il existe beaucoup de grosses boites qui n'ont aucun renom. Et qu'il existe des PME de 500 personnes leaders sur leur marché. La culture économique de tout un chacun est somme toute assez restreinte... Mieux vaut rester ouvert.

 

Priscilla Franken © Cadremploi.fr - 2009

 


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