Bien choisir sa stratégie de recherche
Dans le cadre d'une recherche active, toutes les pistes sont bonnes à explorer : progression en interne, changement de secteur, concurrence... Avantages et inconvénients de chaque méthode.
En interne, c'est plus fastoche
La piste interne s'avère la plus facile à explorer, tout simplement parce qu'il est plus facile de se faire repérer par sa propre hiérarchie. « Les fruits de votre investissement sont aisément palpables dans ce cas de figure, et agir en faveur d'une progression est une forme de reconnaissance de vos compétences », souligne Hugues Pariot, directeur général d'Expectra.
C'est la raison pour laquelle beaucoup de candidats privilégient cette voie. Une bonne gestion des codes de communication, des outils, etc., leur permet aussi de se sentir plus à l'aise. « À condition d'être dans une structure qui a su inventer des passerelles d'un métier à l'autre, dans le cas où l'on vise une réorientation », précise Yann Fessard de Foucault, directeur de la division Finance et comptabilité de Michael Page.
Il prévient aussi : « plus on grimpe, moins il y a de postes, donc il faut s'attendre à une concurrence accrue ». Et ce n'est pas forcément très rapide non plus, les opportunités n'étant pas toujours au rendez-vous. Traditionnellement, l'industrie, notamment pour les professions cœur de métier (moins pour les fonctions support), l'agroalimentaire et l'informatique, sont des secteurs au sein desquels l'évolution est réputée rapide.
Changement de secteur : misez sur la progression managériale
Le gros risque quand on change de secteur, c'est la mise à mal de la cohérence et de la lisibilité du parcours. « La seule organisation possible du parcours est alors l'évolution verticale, donc il faut mettre en avant une logique de progression managériale », conseille Hugues Pariot. Par exemple : un directeur commercial qui change de secteur pour prendre un poste de directeur général.
Autre inconvénient : votre méconnaissance du secteur visé, qui représente de surcroît un risque supplémentaire pour l'entreprise. L'exercice demeure bien sûr moins périlleux sur les fonctions support que cœur de métier, et parfois plus facile dans un sens que dans l'autre : évoluer du secteur banque assurance vers l'entreprise par exemple, est plus simple que l'inverse.
Reste que cela peut s'avérer très intéressant côté rémunération, surtout pour ceux qui possèdent une compétence pointue et recherchée.
Passer chez le concurrent : non, je ne suis pas un mercenaire !
Les cadres sont comme ça paraît-il, leur sentiment d'appartenance est très relatif. Si vous comptez frapper à la porte d'un concurrent, commencez par relire votre clause de non-concurrence, et n'oubliez pas de prendre en compte les accords de « non-débauchage » en vigueur entre certaines entreprises. « Ils sont assez fréquents dans les secteurs traditionnels, comme celui de l'énergie par exemple », illustre Yann Fessard de Foucault.
Votre principal atout : vous connaissez bien le secteur... À moins qu'il ne se transforme en handicap : « on peut aussi passer pour un mercenaire ou un opportuniste », prévient Hugues Pariot. Enfin, si la culture d'entreprise est totalement différente de celle que vous avez connue, vous pouvez rencontrer de sérieux problèmes d'intégration.
Un dernier conseil d'Hugues Pariot : n'acceptez pas de rétrogradation, mauvais effet sur le CV garanti. Sauf si votre démarche correspond à un objectif de vie.
La donne de la crise : ce qu'il faut retenir
- Le marché de l'emploi cadre est très tendu
- Les cadres au chômage élargissent beaucoup leur champ de recherche
- Les cadres en poste préfèrent, dans leur grande majorité, ne pas bouger
- Les durées de recrutement s'allongent et les entretiens se multiplient
- Pour les juniors et les seniors, c'est encore plus difficile qu'auparavant
Priscilla Franken © Cadremploi.fr - 2009
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