Entre PME et grand groupe, mon cœur balance
Le job de vos rêves se trouve-t-il dans une PME ou dans un grand groupe ? Sachez que les clivages traditionnels, pas toujours vrais mais pas toujours faux non plus, tendent à s'estomper.
Ça fonctionne mieux dans un sens que dans l'autre, c'est un fait : il est généralement plus facile de commencer dans un grand groupe pour se diriger ensuite vers une PME. Ce n'est pas dû au hasard, nombre de cadres préfèrent faire leurs armes au sein des grandes entreprises pour se créer une « carte de visite ». « Elles ont une image rassurante et valorisante, offrent de nombreux avantages et privilégient la mobilité interne et une politique RH très structurée », détaille Hugues Pariot, directeur général d'Expectra. Bref, elles sauront vous séduire...
Rentrerez-vous dans le moule ?
Attention néanmoins à ne pas vous prendre les pieds dans la moquette épaisse : à côté du prestige, il y a souvent la culture du diplôme, un environnement très politique et le manque de reconnaissance. « Beaucoup de cadres au sein de grands groupes souffrent de n'être qu'un maillon de la décision », confirme Yann Fessard de Foucault, directeur de la division Finance et comptabilité de Michael Page.
« Il y a aussi des jeux de pouvoir et parfois les salariés manquent de maîtrise des critères d'évolution », prévient Jean-Marc Lasserre, directeur de la business unit Ressources et compétences au sein de merlane, cabinet de conseil en management et ressources humaines. Sans parler du fait que le potentiel de chacun n'est pas toujours bien mesuré, car il y a beaucoup d'intermédiaires...
Les PME se défendent bien
Certes dans une PME le staff est moins important donc les opportunités moins nombreuses, mais on est plus vite repéré par les décideurs car la hiérarchie est plus courte. Pour Jean-Marc Lasserre, c'est en outre un bon terrain de révélation des potentiels : « les personnes qui prennent en charge des projets développent de nombreuses compétences. Au sein d'une PME, on s'attache davantage à la question du rôle qu'à celle de la place ».
De plus, les salariés apprécient beaucoup le fait de pouvoir palper, mesurer la stratégie, bref qu'elle ait un visage humain. « On peut s'intéresser de près au projet de l'entreprise et à la personnalité du dirigeant, car la proximité est grande », note Hugues Pariot.
Enfin, la transversalité y est favorisée, de même que les mobilités verticales, parfois rapides pour compenser les départs ou les déséquilibres de la pyramide des âges.
Le grand écart se réduit
Outre le fait qu'avantages et inconvénients peuvent différer en fonction des envies de chacun et des périodes de la vie, les différences entre PME et grandes entreprises ont tendance à diminuer. « Le grand écart se réduit, mieux vaut faire attention aux visions caricaturales », estime Yann Fessard de Foucault.
Il existe aujourd'hui des PME leaders sur leur marché, de taille relativement importante, et qui fonctionnent comme de petits groupes. À l'inverse, certains grands groupes sont organisés en unités plus petites, ce qui leur permet d'avoir un fonctionnement de type PME. « Les salariés y bénéficient des avantages de chaque type de structure : bonne surface financière et relations à taille humaine sont conjuguées », détaille Jean-Marc Lasserre. Un « mix » de plus en plus courant, qui peut vous permettre de trouver le juste équilibre.
Priscilla Franken © Cadremploi.fr - 2009
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