Renaud : " J’ai doublé mon salaire en changeant d’employeur "
Cet été, Renaud a plaqué son travail pour changer d'employeur. A la clef : un salaire doublé en moins de 10 jours.
Comment avez-vous décroché votre nouvel emploi ?
Je travaillais comme conducteur de travaux dans une société de désamiantage depuis quelques années. C'était une bonne expérience mais ça faisait un an que je me sentais démotivé, d'autant que le salaire n'était pas exceptionnel.
J'ai alors choisi d'y aller au culot. Une entreprise concurrente venant de s'installer dans mon village de résidence, j'ai été la démarcher pour le compte de ma société... C'est le responsable de l'entreprise qui m'a reçu et je lui ai tout simplement parlé de mon envie de travailler chez eux. Il a été intéressé par mon profil. Une semaine après j'étais embauché ! En 10 jours, je suis ainsi devenu ingénieur d'affaires et j'ai doublé mon salaire. Avec en prime une voiture de fonction.
Sur quels arguments avez-vous joué pour convaincre ?
J'avais plusieurs atouts. Déjà, j'avais été responsable du personnel avant d'être conducteur de travaux. Mon niveau d'anglais a aussi joué en ma faveur. Mais l'élément déterminant, c'est que je travaillais pour une entreprise concurrente. De ce fait, j'étais opérationnel tout de suite, sans avoir besoin de formation, et j'avais déjà un portefeuille clients bien fourni.
Enfin, je leur ai indiqué que je n'avais pas peur de bouger et que je ne m'opposerai pas à une mutation si elle devait arriver. Tous ces éléments m'ont permis d'être en position de force pour négocier un bon salaire.
Comment s'est déroulée la négociation salariale ?
Durant l'entretien, je leur ai livré mes attentes en termes de rémunération, ils les ont trouvées raisonnables. J'ai certes doublé mon salaire par rapport à mon ancien poste, mais je n'ai pas non plus été trop gourmand. J'ai tout simplement évalué ce que je valais. Je pense que j'aurais même pu demander 1 000 euros de plus, mais la société se trouvant à deux pas de chez moi, j'ai estimé que cela compensait. Aussi, je sais qu'il y a des perspectives d'augmentation à l'avenir, car c'est un groupe en développement. Pour toutes ces raisons, je pense avoir été raisonnable dans ma proposition, qui a donc été acceptée.
La crise ne vous a-t-elle pas freiné ?
Non, car je devais prendre ce risque. J'avais besoin de changement, j'ai 45 ans et mes conditions de travail ne me convenaient plus, alors j'ai foncé. C'est sûr que dans mon entourage, on me traitait presque de fou : « mais qu'est-ce que tu vas faire si la période d'essai n'est pas concluante ? » Aujourd'hui, je ne regrette absolument pas mon choix.
Sébastien Hervier © Cadremploi.fr - 2009
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